
Marcher
C’est comme écrire
Risquer ce pas dans le vide
A chaque instant recommencer
Textes et photos : Jean Lavoué. "Cernés de toute part, au milieu d'une dense forêt, un arbre nous amenant à un autre comme seule réponse, nous cherchons tous la clairière, l'ivresse définitive, le Vent du Large, la Liberté des plaines, la joie de l'étendue." Benjamin Flores-Leyton "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... Rilke, Guillevic, Cadou, Grall, Sulivan
Les Granges de Lesches, terres de Marcel Légaut, août 2009
Penser, c'est déjà se soutenir dans le vide.
C'est comme nager ou comme faire le funambule.
C'est un exercice qu'il faut apprendre.
Pour pouvoir penser,
il faut avoir appris à se soutenir dans le vide.
Autrement dit, il faut avoir pu prendre appui, au moins une fois,
sur un autre qui déjà se soutenait dans le vide,
qui lui-même avait appris cela d'un autre encore.
C'est à cela que servent - allons-nous devoir le dire à l'imparfait - les maîtres.
Faire l'apprentissage de penser n'est donc pas une affaire simple.
Il s'agit non seulement d'apprendre,
mais aussi et surtout d'apprendre à apprendre.
Non seulement de connaître ce qui a été appris,
mais aussi de quitter l'appui que l'on a pris sur ce qui a été appris de l'autre.
Car continuer à prendre appui, ce ne serait pas vraiment penser,
puisque penser, c'est tenir sans appui.
Ou en tous cas, avec uniquement la mémoire de l'appui.
Il faut donc le lâcher, cet appui,
et, à partir de là, tenir.
C'est cela, penser :
se soutenir dans le vide,
tant que dure la vie.
Jean-Pierre Lebrun
.

La simplicité même écrire
Pour aujourd’hui la main est là.
Paul Eluard
Je ne fais pas de différence
Entre un poème
Et une poignée de mains
Paul Celan
Il y a longtemps que
je ne demande plus rien au cielet mes bras ne se sont pas encore baissés
Mon Dieu, je n’ai presque jamais cru en toi,mais je t’ai toujours aimé
Antonio Porchia
Avez-vous pensé à ceci ?
Il y a des hommes qui ne croient pas en Dieu
Et qui l’aiment.
Jean Sulivan

Les vrais amis
Sont comme les
arbres
Ils tendent leurs bras
ne plient pas
Ils grimpent vers
la lumière
ce qui les met en joie
Julos
Beaucarne
.
Désir nomade
Au-delà de l'inconscient
Remue le Saint-Esprit.
En un sens je prie
A longueur de jours.
Un visage, un arbre,
Une marche usée :
J'éprouve la déchirure.
Jean Sulivan
.
Le chant des arbres,
C'est la vie qui nous tient réunis
Je suis partout,
Veillant sur vous,
Sur cette
terre.
Jacques Bertin
.
Le vent
François Cheng
double chant
.
C'est aussi une cathédrale,
l'amandier en fleurs
tout bourdonnant d'abeilles...
Pierre-Albert Jourdan
Nous croissons comme les arbres ;
Nous croissons non pas à un seul endroit
Mais partout ;
Non pas dans une direction,
Mais tout autant vers le haut,
Vers le dehors que vers le dedans
Et vers le bas.
Notre force opère à la fois dans le tronc,
Dans les branches et dans les racines.
Il ne nous appartient plus
De faire quelque chose séparément,
Ni d'être quelque chose de séparé.
Nietzsche