
hérite de son âme
il devient lourd
dense
charnel
Il saura griffer
de blessures profondes
la matière de la vie
Il porte la marque indélébile
de sa naissance et de sa mort
Textes et photos : Jean Lavoué. "Cernés de toute part, au milieu d'une dense forêt, un arbre nous amenant à un autre comme seule réponse, nous cherchons tous la clairière, l'ivresse définitive, le Vent du Large, la Liberté des plaines, la joie de l'étendue." Benjamin Flores-Leyton "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... Rilke, Guillevic, Cadou, Grall, Sulivan

Le poème
seul
dit sans dire
buisson qui brûle
sans se consumer
Denise MÜTZENBERG
L'écriture
C’est une grâce à prendre

Nomade
Qui jamais ne connut
Les limites de son royaume
Capable de ne plus marcher
De ne plus écrire
Sans pour autant cesser de voir l’horizon
Et de rester ainsi des heures
Des jours dans la lumière du simple
Complice de l’empreinte effacée
De la clarté des traces
Ne renonçant jamais
Aux promesses de la mer



La vie dessine un arbre
et la mort en dessine un autre
Roberto Juarroz


Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison
Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
Sur le mur le dernier reflet d’une caresse
René Guy Cadou
Sur le mur du jardin
entre ombre et lumière
une rose trémière saigne
Le ciel est en voyage
Le poème soulève
les pierres de ta vie
scellées
.




A CHAQUE VIE D'ETRE VECUE
Devant cet arbre immense et calme
Tellement sûr de son amour
Devant cet homme qui regarde
Ses mains voltiger tout autour
De sa maison et de sa femme
Devant la mer et ses calèches
Devant le ciel épaule nue
Devant le mur devant l'affiche
Devant cette tombe encore fraîche
Devant tous ceux qui se réveillent
Devant tous ceux qui vont mourir
Devant la porte grande ouverte
A la lumière et à la peur
Devant Dieu et devant les hommes
A chaque vie d'être vécue
René Guy Cadou

Les vrais amis
Sont comme les
arbres
Ils tendent leurs bras
ne plient pas
Ils grimpent vers
la lumière
ce qui les met en joie
Julos
Beaucarne
.
Désir nomade
Au-delà de l'inconscient
Remue le Saint-Esprit.
En un sens je prie
A longueur de jours.
Un visage, un arbre,
Une marche usée :
J'éprouve la déchirure.
Jean Sulivan
.
Le chant des arbres,
C'est la vie qui nous tient réunis
Je suis partout,
Veillant sur vous,
Sur cette
terre.
Jacques Bertin
.
Le vent
François Cheng
double chant
.
C'est aussi une cathédrale,
l'amandier en fleurs
tout bourdonnant d'abeilles...
Pierre-Albert Jourdan
Nous croissons comme les arbres ;
Nous croissons non pas à un seul endroit
Mais partout ;
Non pas dans une direction,
Mais tout autant vers le haut,
Vers le dehors que vers le dedans
Et vers le bas.
Notre force opère à la fois dans le tronc,
Dans les branches et dans les racines.
Il ne nous appartient plus
De faire quelque chose séparément,
Ni d'être quelque chose de séparé.
Nietzsche